Le port du masque d’une culture à l’autre

La culture asiatique s’oppose à la culture occidentale en bien des points et la crise du Coronavirus le révèle sur bien  des points. Les différences culturelles ont logiquement des impacts sur la façon dont chaque État prend les décisions face à la crise selon sa culture : port ou non port du masque, confinement, désinfection des lieux publics, traçage informatique assumé des populations, affichage public des noms des personnes désobéissantes et porteuses du virus, prise de la température systématique à l’entrée de supermarchés, etc… « Les asiatiques sont meilleurs que nous » a lâché vendredi soir le directeur de la santé française à la question d’une journaliste qui demandait des précisions concernant le non port du masque en France pour les citoyens lambda. Cette phrase qui a été jetée à la volée comme un acte manqué n’a bien sûre pas été relayée et pour cause : la France, pays soi-disant moderne, est en pénurie de masques. Dans ce contexte  il est évident qu’il faut réserver les masques à ceux qui sont en première ligne du virus, les soignants. L’OMS préconise pourtant que le port de masque doit être encouragé en cas de toux ou d’éternuement.

À Bangkok, à Tapei, à Singapour, à Ho Chi Minh, à Manille, tout le monde porte un masque,  et c’est même vivement recommandé voir imposé. Ainsi, depuis vendredi, les Bangkokiens qui prennent le métro ont l’obligation absolue de  porter un masque  alors qu’il y avait moins de 400 personnes touchées par le virus dans la capitale thaïlandaise. Déjà, en janvier, alors qu’il n’y avait que quelques cas, la plupart des Thaïlandais étaient déjà masqués et gantés. En Corée du Sud, le gouvernement organise officiellement la fabrication de masques en recrutant  des couturiers locaux qui travaillent masqués. À Taiwan, le gouvernement promettait cet hiver deux masques par personne et par semaine à toute sa population en plus de tous les masques destinés aux soignants.

Depuis des dizaines d’année voir des gens masqués en Asie n’est ni rare ni étonnant, que ce soit les agents de circulation thaïlandais, les personnes motorisées  pour se protéger de la pollution ou  les personnels de supermarchés qui travaillent souvent masqués et gantés par mesure d’hygiène . À Taiwan, le masque en tissu est fréquent et s’apparente presqu’une accessoire de mode.  Alors à l’arrivée d’un virus tout le monde a donc le réflexe de se protéger.

Cette crise devrait nous donner l’occasion de  regarder un peu à l’extérieur de chez nous et nous apprendre l’humilité. Pour cela, nul besoin de voyager, il suffit d’un peu de curiosité.


Au mois de mars, n’ayant pas de masque, je m’en était concocté un moi-même à parti d’un masque d’avion pour les yeux. Puis j’ai ressorti ma machine à coudre pour en fabriquer moi-même et en donner à mon entourage.

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Depuis la rédaction de cet article, les choses ont bien évolué en France : Dans le discours officiel, on commence à admettre que le masque protège du virus s’il est accompagné d’autres gestes barrière. Le port du masque commence à être encouragé et sur le point d’être rendu obligatoire dans certains lieux publics. Le personnel des ehpad doit être masqué.  Il aura fallu près d’un mois !


Quelques articles en lien avec cette thématique :

https://regards-interculturels.fr/2020/04/coronavirus-sortir-masque-question-de-culture/#comment-41914

Courrier International : Le port du masque, signe de la différence culturelle entre l’Asie et l’Occident

L’Obs : Un Français résidant au Vietnam : « La France, ce pays en voie d’enveloppement »

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