New York multicolore

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P1010111.jpgMon arrière grand-mère et ma grand-mère, toutes deux vietnamiennes ont émigré à San Francisco en Californie dans les années 50 à cause de la guerre en Indochine. Ma grand-mère était très fière de sa nationalité américaine et aimait me montrer son passeport sur lequel je pouvais lire en lettres dorées United States of America. L’Amérique était sa terre d’accueil, la Californie lui faisait oublier sa blessure d’avoir dû quitter le Vietnam. Alors que mes oncles et tantes avaient choisi le Canada ou la Thaïlande, mon père lui, s’est retrouvé en 1963 à Paris après des études à Hong Kong et un service militaire en Allemagne, où il s’est accroché à devenir un français à part entière.

Hormis quelques jours passés en Californie lorsque j’avais 4 ans et demi, je n’avais jamais eu l’occasion, à mon grand regret, de rendre visite à ma grand-mère en Californie. Je la voyais à Bangkok où elle passait des séjours de plus en plus longs, près de ses enfants.

L’arrivée à New-York en train depuis Montréal, avec les drapeaux américains resplendissant dans la nuit tourbillonnante d’animation, m’a immédiatement plongée dans les souvenirs d’adolescente lorsque ma grand-mère me faisait parvenir des objets estampillés America aux couleurs strassées bleu rouge et or. L’influence qu’a New York sur toutes les grandes villes asiatiques, notamment Singapour et Hong Kong m’a immédiatement saisie. Mais ce sont surtout ces gens aux origines diverses et assumées, que j’ai croisés dans le métro, à Brooklyn ou dans certains quartiers de Manhattan qui m’ont le plus marquée et en même temps j’ai pu ressentir un sentiment de surprise et de malaise de découvrir le contraste entre l’ultra capitalisme de Manhattan et la pauvreté présente dans le fin fond de Brooklyn dans un pays qui est sensé faire autorité. En arpentant la ville à pieds et en métro, je ressens une impression que le monde entier a rendez-vous làP1010378. Les accents, les odeurs, les sons, les musiques, les marchands ambulants de fruits coupés sentent les tropiques, la Jamaïque, le Mexique, l’Afrique et me rappellent l’Asie du Sud Est, les Antilles,  l’Inde, l’océan indien, le Moyen Orient. Ce bain de multiculturalités  où les limites de la normalité blanche sont repoussées est pour moi fantastique. N’est-ce pas l’avenir du monde ? Les Etats-Unis ne seraient rien sans les émigrés. Pourtant le président des Etats-Unis balaye cette richesse au nom du dollar, de la sécurité, de l’ordre, du pouvoir.  Je lisais dans la revue Americaqui ne m’a pas quittée durant ce mois passé en Amérique du Nord, que la mention Nation of immigrants avait été retirée des sites gouvernementaux. Comme cela est-il soutenable ?

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Alexandra Dauplay-Langlois

Montréal le 19 août 2019

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